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Quamaris, la ville qui tient la mer

On reconnaît Quamaris bien avant d’en voir les murs.

Ce n’est pas la silhouette qui frappe d’abord, mais l’odeur : celle du sel mêlé à la poix chauffée, des cordages enduits de brai, du bois humide et des cargaisons qui fermentent au soleil. Puis vient le bruit. Un grondement continu, fait de cris, de cloches, de coques qui grincent, de voiles lourdes battues par le vent. La mer y travaille sans relâche, et la ville avec elle.


Quamaris s’étire le long de la côte occidentale de Sanchizian, bâtie en paliers sur une pente qui descend vers l’océan. Le port en occupe toute la largeur. Des quais interminables, des bassins successifs, des jetées massives avancées dans l’eau sombre. Des milliers de navires y prennent place : cargos ventrus aux coques noircies par la résine, galères rapides, bâtiments armés escortant les convois impériaux, barges closes destinées au transport humain. Rien n’y est laissé à l’improvisation.


La ville appartient à un seul homme, même si elle se réclame de l’Empire.


Son nom est Sahrel Qamar, maître de la Maison Qamar. On murmure son nom dans les entrepôts, on le grave sur les registres, on le presse dans la cire des contrats. Sahrel ne règne ni par l’épée ni par la prière, mais par la mer. Tout ce qui traverse les océans de Maversia finit par dépendre de ses navires : marchandises, soldats, mercenaires, esclaves, pèlerins, cargaisons discrètes. L’Empereur lui a confié la maîtrise des routes maritimes, et Sahrel a fait de cette délégation un pouvoir sans équivalent.


Sa flotte est innombrable. Les gardes impériaux embarquent sur ses navires, formés par l’Empire, armés par l’Empire, mais transportés par la Maison Qamar. À Quamaris, l’autorité se partage en apparence. En réalité, l’or décide.


Le contraste de la ville est brutal.


Au nord, Quamaris défie la logique du désert. Là où tout Sanchizian se protège du soleil, le nord de la ville l’ignore. Des parcs irrigués s’étendent derrière des murs clairs. Des fontaines coulent sans interruption, projetant une fraîcheur presque indécente. Des arbres importés offrent une ombre dense là où elle ne devrait pas exister.


Dominant cet ensemble se dresse le Palais Qamar. Une construction démesurée, faite de terrasses ouvertes, de bassins suspendus, de galeries aérées et de dômes clairs qui captent la lumière pour la renvoyer. Une architecture extravagante, rendue possible uniquement par l’excès de richesse et de contrôle. Non loin se tient un second palais, presque aussi fastueux : le Palais d’Ashtara, demeure du médecin Ash. Orienté vers le soleil levant, traversé de patios lumineux et de couloirs dorés, le palais semble conçu pour célébrer la chaleur plutôt que la fuir, comme si la lumière y était une alliée domestiquée.


En descendant vers le sud, la ville change de visage. Les rues se resserrent, l’ombre devient rare. Les maisons sont hautes, massives, construites pour repousser le soleil, non pour l’affronter. Le port sud est un monde de sueur et de surveillance. Des balances, des tables de contrôle, des registres épais. Tout y est pesé, compté, scellé. Les gardes de l’Empire patrouillent aux côtés de la milice de la Maison Qamar. Rien n’entre, rien ne sort sans laisser sa part — à l’Empire d’abord, à Sahrel ensuite.


Quamaris ne relâche jamais son emprise.


Et pourtant, dès que l’on franchit ses limites, la ville cesse brutalement.


Dans un large périmètre autour des murs, toute habitation a été détruite. Les maisons extérieures ont été rasées, leurs habitants chassés. La vue devait être dégagée. Le contrôle, total. Ceux qui souhaitaient vivre hors de la ville ont dû s’éloigner bien davantage, jusqu’à ce que leur présence ne trouble plus l’ordre visible.


Là, le long de la côte, à plusieurs kilomètres, apparaissent de petites communautés éparses. Deux ou trois maisons à la fois, jamais plus. Des constructions basses, faites de pierre grossière, de bois flotté, de toiles épaisses récupérées sur de vieux navires. Rien de durable, rien de solide — mais suffisant pour survivre.


Ces communautés vivent serrées, solidaires. L’océan leur fournit ce que la terre refuse. Elles ont appris à dessaler l’eau, à l’aide de bassins sommaires, de systèmes de chauffe et de condensation rudimentaires, transmis de famille en famille. Autour des maisons poussent des figuiers trapus, des légumes résistants, des plantes choisies pour leur rendement plutôt que pour leur goût. Chaque parcelle est exploitée avec une précision patiente.


Pour se rendre aux marchés du sud de Quamaris, ils utilisent des chariots légers à deux roues, au châssis bas, tirés par des ânes du désert. Ces bêtes sobres, endurantes, capables de marcher longtemps sous le soleil sans eau, rythment la semaine. Les allers-retours sont réguliers. On y vend une partie de la production : figues sèches, poissons salés, chèvres maigres, parfois quelques bêtes élevées avec soin.


Mais cette survie tient à un fil.


Ils ne devraient pas être là. Trop loin pour être contrôlés efficacement. Trop libres pour l’Empire. Chaque retour du marché implique un pot-de-vin, discrètement remis au capitaine chargé de surveiller la côte dans un périmètre d’une journée de marche au nord de Quamaris. Le prix est exorbitant. Ils s’appauvrissent pour acheter le droit de rester invisibles.


Ils savent que cela peut cesser à tout moment. Mais pour l’instant, ils vivent. Ensemble. À l’écart du fracas du port, loin des fontaines du nord, mais libres de respirer sans baisser les yeux à chaque patrouille.


Ainsi est Quamaris.

Une ville où tout circule, sauf la justice.

Une cité qui relie les continents, mais écrase ce qui vit à son ombre.

Un port si riche qu’il finit par tordre la terre autour de lui, jusqu’à faire croire que le désert peut être ignoré.

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