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Le Parasite noétique

Le parasite noétique est une larve.


À l’état libre, il tient dans la paume d’une main. Il ressemble à une masse molle, humide, translucide par endroits, d’une couleur froide tirant sur le vert sombre et le violet noir, parcourue de filaments plus clairs qui pulsent lentement comme des veines. Sa surface n’a rien de lisse : elle est striée de replis fins, comme une peau trop humide qui se contracte, et elle laisse une pellicule visqueuse sur tout ce qu’elle touche. Quand il se déplace, il ne rampe pas comme un ver : il glisse par à-coups, en se tassant puis en se détendant, comme si quelque chose, à l’intérieur, cherchait constamment à maintenir une cohésion instable.


Il n’a pas d’yeux. À l’avant, on distingue une fente courte, presque une bouche, qui ne s’ouvre jamais entièrement, mais qui se dilate parfois d’un millimètre comme pour aspirer. Sous la peau, des fibres rigides se replient et se déplient, donnant l’impression d’une ossature incomplète, mal distribuée, comme si la créature avait été assemblée pour fonctionner sans jamais avoir été pensée pour être observée.


Lorsqu’il est introduit dans un hôte, il ne s’enfonce pas dans la chair comme un parasite biologique classique. Il colle d’abord à la peau avec sa viscosité, puis se contracte d’un coup sec. La sensation, pour l’hôte, est celle d’un contact froid qui accroche, suivi d’une pression brève et nette, comme si quelque chose traversait la surface du corps sans la percer. La larve disparaît alors du regard, mais non de l’existence : elle s’est déplacée dans l’espace où le réseau noétique se superpose au corps, de l’autre côté du Voile.


À cet instant, le parasite noétique cesse d’être une masse compacte. Il devient une interface.

Il s’aplatit, s’étire et se fragmente en filaments qui s’accrochent aux canaux noétiques de l’hôte. Ces filaments ne ressemblent pas à des nerfs : ils évoquent des racines fines, molles au début, puis progressivement plus tendues, qui se fixent, s’entrelacent et s’ancrent dans la trame noétique existante. Leur couleur reste sombre, parfois parcourue d’un reflet huileux, semblable à une moisissure qui se développe dans l’ombre, sans jamais produire de structure propre.


Sa croissance est lente et régulière. Elle ne laisse aucune trace visible dans le Monde visible. Tout se joue dans le Monde invisible. Le parasite ne crée rien : il détourne. Il s’épaissit autour des canaux, forme des nœuds, des boucles, des zones de densité accrue où les flux de Noèse ralentissent et se canalisent. Plus il s’étend, plus il exige de Noèse, non pour lui-même, mais pour maintenir la connexion qu’il établit.


Il ne consomme pas la Noèse comme une énergie autonome. Il la draine comme un suintement continu, la redirigeant hors du réseau de l’hôte. Ce qu’il prélève ne fait pas disparaître la Noèse : il modifie son trajet. L’irrigation du corps passe désormais par une membrane étrangère, orientée vers un réseau plus vaste, auquel l’hôte est désormais relié sans réciprocité.


Les premiers effets apparaissent au niveau de l’intention d’agir. Un geste voulu peut ne pas partir. Une impulsion de mouvement peut se dissoudre avant d’atteindre les muscles. Le corps demeure intact, capable, prêt. La rupture n’est ni musculaire ni neurologique : elle se situe dans la transmission noétique. Le parasite ne force pas le corps à agir. Il interrompt l’élan au moment précis où la volonté devrait devenir action.


Lorsque la colonisation progresse, l’intention motrice peut être bloquée entièrement. L’hôte veut fuir et reste immobile. Il veut lever la main et rien ne se produit. Il veut crier et aucun son ne sort. La conscience demeure lucide. La peur existe. La volonté persiste. Mais l’ordre ne traverse plus. Le corps ne répond pas parce que la Noèse ne lui appartient plus pleinement.


À un stade avancé, le parasite cesse de se contenter de détourner les canaux périphériques. Il densifie certaines zones clés du réseau noétique, notamment celles liées à la perception et à l’orientation. Cette transformation s’accompagne de sensations internes : pressions diffuses derrière les yeux, dans la mâchoire, dans les sinus, comme une tension persistante cherchant à s’aligner. La douleur n’est pas explosive, mais continue, précise, épuisante dans sa durée.


Le visage ne se transforme pas immédiatement dans le Monde visible. Ce qui se défait d’abord, c’est la relation au monde. Les sens cessent progressivement de structurer la réalité. La vue se trouble. Les sons perdent leur localisation. Les odeurs s’effacent. Le toucher devient abstrait. L’hôte reste conscient, enfermé dans un corps encore fonctionnel, mais privé de toute orientation autonome.


À la place, une seule perception s’impose : la Noèse.


L’hôte ne perçoit plus des formes, mais des flux. Il ne reconnaît plus des visages, mais des réseaux noétiques. Il ne comprend plus la matière comme un ensemble d’objets, mais comme une circulation de ce qui la rend habitable. Cette perception n’est pas un don. Elle est une réduction. Le monde n’est plus multiple. Il est lisible uniquement par ce qui transite vers le centre auquel l’hôte est désormais relié.


Le corps continue de vivre, mais ses priorités se déplacent. Manger, boire, respirer deviennent secondaires. Ce qui importe est la circulation de la Noèse. Tout ce qui ne contribue pas à cette circulation perd sa signification.


Le parasite noétique ne devient jamais un centre autonome. Il ne mûrit pas pour lui-même. Lorsqu’il atteint une densité maximale chez un hôte capable de supporter une charge élevée de Noèse — ce qui n’est possible que chez un dieu — il cesse de se développer localement. Son rôle est alors pleinement accompli : la Noèse de l’hôte est désormais intégrée au réseau global du Brar et converge vers le Cœur.


Le véritable centre n’est pas le parasite.


Le centre est le Cœur de Brar noétique.


Le parasite n’est qu’un vecteur, une greffe temporaire, une architecture transitoire permettant de relier une volonté individuelle à une masse noétique déjà existante. Il ne décide pas. Il n’impose pas un sens. Il ne fait que réduire les possibles de l’hôte jusqu’à ce que sa Noèse circule exclusivement vers ce centre.


Ainsi, le parasite noétique ne détruit pas les êtres. Il les maintient vivants, conscients, capables de vouloir. Mais il transforme leur volonté en trajectoire unique. Il supprime la divergence. Il rend impossible la coexistence stable de volontés indépendantes. Non par principe, mais par fonction.

Il a été conçu non pour incarner une idée, mais pour servir une architecture : celle du Brar, et de la concentration absolue de la Noèse dans un seul point.

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