top of page
Logo_Orinae_edited_edited.png

L'Emprise

L’Emprise est un pouvoir de contrainte directe exercé sur l’Éther.


Elle ne crée rien.

Elle ne transforme rien.

Elle ne convoque aucun élément spécifique.


Elle agit sur ce qui existe déjà, en imposant une volonté externe à la structure même de l’existence.


L’Éther étant la substance fondamentale dont procèdent la matière, les flux, les réseaux noétiques et les structures des plans, exercer une Emprise revient à forcer l’Éther à obéir, localement ou à grande échelle. Tout ce qui est composé d’Éther, stabilisé par lui ou traversé par lui peut être soumis à l’Emprise.


L’Emprise se manifeste sous deux formes indissociables :

la contrainte physique et la contrainte psychologique.


La contrainte physique est l’aspect le plus immédiatement perceptible.

Elle permet de saisir, déplacer, suspendre, compresser, projeter ou disloquer des corps, des objets, des structures ou des volumes entiers. Un corps peut être immobilisé sans contact. Une armure peut se contracter sur celui qui la porte. Une poutre peut être arrachée à son ancrage. Une masse peut être propulsée avec une précision absolue. Même le corps de celui qui exerce l’Emprise peut être soumis à sa propre contrainte, lui permettant de flotter, de voler, d’accélérer ou de résister à des forces extrêmes.


Cette contrainte n’agit pas « sur » la matière comme le ferait un choc ou une explosion.

Elle agit dans la matière, en forçant l’Éther qui la constitue à adopter une configuration imposée.


La contrainte psychologique est tout aussi réelle, mais moins visible.

Elle agit directement sur les réseaux noétiques.


En entrant dans le réseau noétique d’un être, l’Emprise peut altérer le libre arbitre, perturber la cohérence des pensées, provoquer la peur, la douleur, la confusion, l’obéissance ou la paralysie mentale. Elle peut empêcher une décision, forcer une impulsion, bloquer un mouvement avant même qu’il ne soit formulé consciemment.


Contrairement à une simple influence ou manipulation, l’Emprise psychologique ne persuade pas.

Elle contraint.


La conscience demeure, mais elle est prisonnière.

La volonté existe encore, mais elle est rendue inefficace.

Le sujet sait ce qui lui arrive, sans pouvoir s’y opposer.


Ces deux dimensions ne sont jamais séparées.

Une contrainte physique produit presque toujours un effet psychologique.

Une contrainte psychologique peut à son tour immobiliser un corps, briser une résistance ou provoquer une défaillance organique.


L’Emprise peut s’exercer dans le Monde visible, dans le Monde invisible et dans le Plan suspendu. Elle ne dépend pas des lois physiques classiques, mais uniquement de la capacité de celui qui l’exerce à maintenir la pression sur l’Éther.


Cette pression a un coût.

Chaque acte d’Emprise consomme de la Noèse.


Plus la cible est complexe, étendue ou résistante, plus l’effort est important. Maintenir plusieurs contraintes simultanées, agir sur des réseaux noétiques denses ou imposer une Emprise prolongée exige une quantité croissante de Noèse. L’Emprise n’est jamais automatique ni passive : elle est un effort continu.


Utilisée avec mesure, l’Emprise est un outil de régulation.

Elle permet d’arrêter une violence, de contenir une menace, d’imposer une limite là où aucune autre ne peut être appliquée. Dans ce cadre, elle participe à l’Équilibre, en empêchant une volonté unique de s’imposer par la force brute ou le chaos.


L’usage de Brar’Amuun est corrompu parce qu’il détourne l’Emprise de cette fonction.

Il ne cherche pas à contenir.

Il cherche à posséder.


En accumulant la Noèse par le biais du Brar et des parasites noétiques, en cherchant à maintenir une Emprise permanente sur tout ce qui existe, il transforme un pouvoir de contrainte ponctuelle en un état d’uniformisation absolue. Là où l’Emprise devait être un moyen temporaire de préserver la coexistence des volontés, elle devient chez lui un instrument d’annulation totale du libre arbitre.



Description physique de l'Emprise (scène)

Bien avant qu’il n’atteigne Quaros, quelque chose se met à dérailler.


Sur la tour de guet, un homme s’immobilise. Il ne comprend pas tout de suite ce qu’il voit. À l’horizon, au-dessus du désert, il n’y a pas de tempête. Pas de nuage. Pas de mirage non plus. Il y a une forme, suspendue, immobile, trop stable pour être naturelle. Elle ne grossit pas comme un objet qui approche. Elle est déjà là.


L’homme ouvre la bouche pour crier.


Le son sort mal.


En contrebas, on lève la tête avant même d’entendre l’alerte. Les conversations s’interrompent. Les pas ralentissent. Les animaux se taisent. Une pression sourde s’installe, difficile à nommer, comme si l’air lui-même pesait davantage. Certains ressentent une nausée brutale. D’autres une fatigue immédiate, écrasante.


— Il est là.


Le mot circule plus vite que la peur elle-même.


Dans la mine, les outils cessent de frapper la roche. Les ouvriers s’immobilisent, sans ordre, sans signal. Certains se mettent à courir. D’autres se cachent derrière des machines, dans des alcôves trop étroites, convaincus qu’il suffit de ne pas être vus. Quelques-uns prient. D’autres se figent, incapables de formuler une pensée claire.


Le malaise devient attente.


Une attente insupportable.


Puis le sable se fige.


Chaque grain cesse de glisser, maintenu dans une position qui n’est pas la sienne. Brar’Amuun est là, suspendu au-dessus du désert, maintenu par une contrainte continue. Il ne flotte pas. Il impose. L’Éther obéit. Ce qui limite son avancée n’est pas le monde, mais la capacité de sa volonté à s’y inscrire.


Il s’arrête devant les murs.


La porte monumentale de Quaros lui fait face, renforcée de bois massif et de métal. Il ne s’en approche pas davantage. Son attention suffit.


L’ordre est donné.


L’Éther qui maintient la porte change de configuration. La structure se plie vers l’intérieur. Les renforts cèdent. La masse se disloque brutalement, projetée dans les galeries. Certains fragments restent solides et s’écrasent dans un fracas sec. D’autres perdent leur cohésion, leur matière se relâche, devient visqueuse, incandescente. Des morceaux de porte frappent le sol comme une lave lourde, s’abattant sur les ouvriers. La chaleur brûle, colle, enferme. Les cris deviennent des hurlements.


À l’intérieur, tout se dérègle.


La pression s’abat sur les galeries. Les gestes deviennent impossibles. Les pensées se brouillent. Des hommes lâchent leurs outils sans comprendre pourquoi. D’autres tombent à genoux, incapables de coordonner leurs propres impulsions.


Les gardes tirent.


Les flèches ordinaires n’atteignent pas leur cible. Elles s’arrêtent en plein vol, se tordent, se déforment, puis tombent au sol, privées de toute rigidité.


Mais certaines continuent leur trajectoire.


Leurs pointes sont noires, denses, parfaitement mates. Aphanite pure.


Brar’Amuun ne les contraint pas.


Il ne le peut pas.


L’Emprise n’accroche rien. L’ordre glisse, sans prise. L’Éther reste ce qu’il est, mais refuse d’obéir à travers ce matériau. Brar’Amuun réagit instantanément. L’espace autour de lui se contracte et son corps est projeté de côté à une vitesse brutale. Les flèches passent là où il était un instant plus tôt et se fichent dans le sable figé.


Il se stabilise, plus loin, sous tension.


Son attention se déplace.


Un homme est arraché du sol par une jambe, soulevé trop vite, dans un angle impossible. Les os cèdent à l’intérieur avant que le cri ne prenne forme. La chair gonfle sous la contrainte. Lorsque l’Emprise se relâche, le corps chute lourdement. La matière tente aussitôt de reprendre sa forme initiale. La douleur explose alors, totale, quand les structures internes cherchent une cohérence qu’elles ne peuvent plus atteindre.


Ailleurs, la contrainte change.


Le poids des corps augmente brutalement.


Des hommes sont écrasés contre le sol, plaqués comme si la gravité elle-même avait été multipliée. Les genoux cèdent. Les cages thoraciques s’affaissent. Certains tentent de ramper, mais leurs membres refusent de répondre. Chaque respiration devient un combat.


Dans les galeries, les poutres de bois qui soutiennent la montagne commencent à gémir.


Brar’Amuun ne les arrache pas.


Il leur ordonne de ne plus tenir.


Le bois se fend, se rompt, perd sa fonction. Les soutiens cèdent en cascade. La roche, privée d’ancrage, s’effondre. Des pans entiers de la montagne s’éventrent dans un grondement continu. Galeries, machines et corps sont engloutis. La mine est brisée de l’intérieur.


Brar’Amuun reste à la limite.


Il ne pénètre pas dans Quaros. La concentration d’Aphanite rend chaque seconde d’Emprise plus instable, plus dangereuse pour lui. Il force malgré tout, assez longtemps.


Assez pour que la production cesse.

Assez pour que la montagne soit rendue inhabitable.

Assez pour que Quaros ne puisse plus fonctionner.


Lorsqu’il relâche enfin, le sable recommence à glisser. La roche continue de s’effondrer par endroits. Les cris persistent. La matière, livrée à elle-même, tente de retrouver une forme stable dans un chaos qu’elle ne reconnaît plus.


Brar’Amuun s’éloigne.


Et à Quaros, ceux qui ont survécu comprennent trop tard que se cacher n’a jamais été une protection.

Autres textes

QUAMARIS–ARYA–01
Une journée sans Maïa

Première scène de BD test.

Cosmologie

Un texte fondateur exposant la naissance du réel, l’émergence de la volonté, la chute des puissances primordiales et les lois invisibles qui régissent durablement l’univers au-delà des mythes.

Les Ténèbres

Un texte décrivant la nature primordiale des Ténèbres et leur rôle fondamental dans l’existence, ainsi que la notion d’Équilibre qui structure silencieusement l’univers.

L'Équilibre

Un exposé du principe d’Équilibre comme condition universelle de stabilité, né de la coexistence de volontés multiples, du chaos et de leurs limites réciproques.

L'Éther

Un texte décrivant l’Éther comme la substance primordiale issue des Ténèbres, fondement silencieux du réel, distinct de la Noèse et support de toute structuration possible.

Le Temps

Un texte présentant le Temps comme une construction garantissant la cohérence du réel, et le Maître du Temps comme une instance discrète empêchant toute domination temporelle.

La Rupture Primordiale

Un récit décrivant la transition entre homogénéité absolue et équilibre dynamique, marquant la naissance inévitable de la pluralité à partir des Ténèbres.

Les Titans

Un texte décrivant les Titans comme fondateurs du réel, leurs contraintes structurelles, leur recours aux Titanides et leur rôle central dans le maintien de l’Équilibre cosmique.

La Noèse

Un texte exposant la Noèse comme principe fondamental reliant matière et existence vécue, permettant mouvement autonome, conscience, libre arbitre et transformation du réel.

Les canaux noétiques

Un texte décrivant l’architecture invisible des canaux noétiques, permettant la circulation de la Noèse tout en exposant les êtres à la corruption.

Le Parasite noétique

Un texte décrivant la nature du Parasite noétique, ses modes d’intrusion et ses effets sur la perception, la volonté et l’équilibre du monde.

Titanides et Noèïdes

Un texte distinguant les êtres investis par les Titans et ceux issus de trajectoires individuelles, révélant deux voies opposées d’accès à une Noèse dense et à la magie.

La Pierre de l'Univers

Un texte exposant la Pierre de l’Univers comme ultime mécanisme de sauvegarde cosmique, ses niveaux de protection et les conséquences irréversibles de toute activation.

Architecture des mondes et des plans

Un texte de référence décrivant l’articulation des mondes, des plans et des flux fondamentaux, ainsi que les règles invisibles gouvernant leur coexistence.

La trame des deux âges

Un récit de transition entre deux âges du monde, où la chute de la magie ouvre une lutte silencieuse pour le contrôle ultime de l’univers.

L'Emprise

Un texte décrivant le pouvoir d’Emprise, son fonctionnement sur les corps et les volontés, et son lien direct avec l’Éther et la Noèse.

Le Brar

Un texte exposant l’origine du Brar, sa propagation à travers les plans et sa capacité à détourner la Noèse pour alimenter Brar’Amuun.

L'Avènement de Seltika'Sar

Un récit relatant l’instant où une intervention cosmique fracture l’univers intérieur de deux enfants et engendre simultanément le Chaos et sa tentative de containment.

La naissance de Brar’Amuun

Un texte retraçant comment Seltika’Sar, en altérant la Noèse et la volonté d’Althae, a rendu possible l’émergence de Brar’Amuun et du Cœur de Brar.

Brar'Amuun

Un texte proposant une exploration progressive de Brar’Amuun, de son apparence à son impact sur la matière, les volontés et l’Équilibre cosmique.

Arya

Un portrait d’Arya, enfant confrontée à la violence du monde, porteuse inconsciente d’une puissance héritée capable de faire basculer l’Équilibre.

L’Aphanite

Un texte décrivant l’Aphanite, ses propriétés physiques et noétiques, ses usages comme outil de protection et de contrôle, et son rôle central dans l’ordre du monde.

Les Conjonctions Noires

Un texte expliquant l’origine et les effets réels des Conjonctions noires, en décrivant leurs conséquences physiques et noétiques au-delà des interprétations mythiques.

Géographie de Maversia

Un texte présentant la géographie générale de Maversia et les grands équilibres naturels qui structurent la planète.

Sanchizian, le territoire qui se resserre

Un texte décrivant la situation géographique et politique de Sanchizian face à l’avancée du désert.

Quamaris, la ville qui tient la mer

Un texte décrivant Quamaris, son rôle central dans le commerce maritime mondial, la domination de la Maison Qamar et les fortes inégalités sociales de la cité.

Calinia, la terre que l’on promettait

Un texte décrivant Calinia, son cadre fertile idéalisé, l’afflux de populations, la militarisation et les tensions durables qui en découlent.

Sablagos, la terre que l’Empire ne peut pas prendre

Un texte décrivant la situation géographique, militaire et politique particulière de Sablagos.

Rhevos, les sacrifiés du pouvoir

Un texte décrivant Rhevos, son isolement, son sacrifice humain et la tension permanente entre loyauté, ressentiment et survie.

Quaros, la richesse qui dévore

Un texte décrivant Quaros, son rôle minier central, l’ampleur des ressources mobilisées par l’Empire et le coût humain de son exploitation.

Ilieth, siège de l’eau et du pouvoir

Un texte décrivant Ilieth, capitale impériale protégée par l’eau, le savoir et la centralisation du pouvoir.

Il’Dar Dazbaïd, l’Empereur forgé dans le sang

Un texte retraçant l’ascension d’Il’Dar Dazbaïd et les événements politiques, familiaux et occultes ayant façonné son règne impérial.

Les décors et objets à Sanchizian

Un texte décrivant les objets essentiels du désert de Sanchizian et leur rôle dans la survie, le contrôle des populations et l’organisation sociale.

Les tenues à Sanchizian

Un texte décrivant les tenues à Sanchizian comme marqueurs visibles du climat, du pouvoir et des hiérarchies sociales.

Les armes à Sanchizian

Un texte décrivant les armes utilisées à Sanchizian selon les catégories de population et les contextes de violence.

La faune à Sanchizian

Un texte décrivant la faune présente à Sanchizian et son adaptation à l’environnement désertique.

La flore à Sanchizian

Un texte décrivant la flore de Sanchizian et les rares équilibres végétaux subsistant face au désert.

Patois sanchizien

Un texte décrivant le patois sanchizien et la manière dont le langage s’adapte à la survie dans le désert.

Liste des personnages

Une liste de référence présentant l’ensemble des personnages actuellement cités dans le canon.

Chronologie globale

Un texte présentant la chronologie des événements postérieurs à la Chute et la structuration politique, noétique et géographique du monde actuel.

bottom of page